Facturation électronique 2026 : tout ce que votre entreprise doit savoir

Mis à jour le 23 juillet 2026

La facturation électronique devient obligatoire en France au 1er septembre 2026. À cette date, toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques via une plateforme agréée. Les grandes entreprises et les ETI doivent aussi émettre leurs factures sous forme électronique. Les PME, TPE et micro-entreprises émettront obligatoirement au 1er septembre 2027. Ce guide fait le point, chiffres officiels à l'appui.

L'essentiel en 5 points

  1. 1er septembre 2026 : toutes les entreprises assujetties à la TVA doivent pouvoir recevoir des factures électroniques. Les grandes entreprises et ETI doivent aussi les émettre.
  2. 1er septembre 2027 : les PME, TPE et micro-entreprises doivent à leur tour émettre des factures électroniques.
  3. Le Portail public de facturation (PPF) est abandonné comme plateforme d'émission/réception depuis octobre 2024. Le passage par une plateforme agréée (PA, ex-PDP) est obligatoire.
  4. Les sanctions ont été alourdies par la loi de finances 2026 : 50 € par facture non conforme, 500 € par transmission e-reporting manquante, et une amende spécifique en cas de non-réception.
  5. Le report à 2028 est enterré. Il n'y aura pas de nouveau délai : il faut se préparer maintenant.

C'est quoi, la facturation électronique ?

Une facture électronique n'est pas un simple PDF envoyé par e-mail. C'est une facture émise, transmise et reçue sous une forme structurée, c'est-à-dire un fichier de données lisible par les machines, conforme à la norme européenne EN 16931.

Concrètement, la réforme repose sur l'article 289 bis du code général des impôts (CGI), créé par la loi du 16 août 2022. Ce texte impose que l'émission, la transmission et la réception des factures entre assujettis à la TVA établis en France s'opèrent sous forme électronique, en recourant à une plateforme agréée.

L'administration fiscale est claire sur ce point : la facture « papier scannée, PDF ordinaire, document envoyé par mail » ne sera plus conforme pour les transactions B2B domestiques une fois l'obligation applicable.

La réforme poursuit deux objectifs :

  • Simplifier la vie des entreprises : moins de saisie manuelle, moins d'archivage papier, un pré-remplissage des déclarations de TVA à terme.
  • Lutter contre la fraude à la TVA, en donnant à l'administration une visibilité quasi temps réel sur les transactions.

E-invoicing et e-reporting : deux dispositifs complémentaires

La réforme comprend deux volets :

  1. L'e-invoicing (facturation électronique) concerne les transactions B2B domestiques : factures entre entreprises assujetties établies en France. Ces factures circulent de plateforme agréée à plateforme agréée.
  2. L'e-reporting couvre ce qui échappe à l'e-invoicing : les ventes aux particuliers (B2C) et les transactions internationales (exportations, livraisons et acquisitions intracommunautaires). Dans ce cas, ce ne sont pas les factures qui circulent, mais des données transmises à l'administration. Nous y consacrons une page dédiée : tout comprendre à l'e-reporting.

Qui est concerné par la facturation électronique obligatoire ?

Réponse courte : toutes les entreprises assujetties à la TVA établies en France. Sans exception de taille ni de secteur. L'administration le précise noir sur blanc : cela inclut les entreprises en franchise en base de TVA, les indépendants, les professions libérales et les micro-entrepreneurs.

Point souvent mal compris : même une entreprise qui n'émet aucune facture est concernée, car elle devra être capable de recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026. Les indépendants trouveront un parcours dédié dans notre guide facturation électronique pour auto-entrepreneur.

Voici le calendrier selon la taille de votre entreprise :

Taille d'entrepriseRéception de factures électroniquesÉmission de factures électroniques (+ e-reporting)
Grandes entreprises (GE)1er septembre 20261er septembre 2026
ETI1er septembre 20261er septembre 2026
PME1er septembre 20261er septembre 2027
TPE1er septembre 20261er septembre 2027
Micro-entreprises / auto-entrepreneurs1er septembre 20261er septembre 2027

Ce calendrier est fixé par l'article 91 de la loi de finances pour 2024. Un décret pourrait théoriquement retarder chaque échéance au plus tard au 1er décembre de l'année considérée, mais à ce jour cette faculté n'a pas été utilisée. Pour le détail mois par mois, consultez notre page calendrier de la facturation électronique.

Cas particuliers géographiques : la Guadeloupe, la Martinique et La Réunion sont incluses dans le périmètre. Mayotte et la Guyane sont exclues, car la TVA n'y est pas applicable.

Le calendrier officiel : 2026 et 2027

Reprenons les dates clés, avec leur fondement légal :

  • 18 septembre 2025 : ouverture de l'annuaire de la facturation électronique en consultation publique. Vous pouvez y vérifier si vos partenaires ont déclaré une plateforme de réception.
  • 1er septembre 2026 : obligation de réception pour toutes les entreprises assujetties ; obligation d'émission et d'e-reporting pour les grandes entreprises et les ETI.
  • 1er septembre 2027 : obligation d'émission et d'e-reporting étendue aux PME, TPE et micro-entreprises.
  • 1er janvier 2027 : entrée en vigueur du nouveau délai de conservation de 10 ans pour les documents fiscaux (loi n° 2026-534 du 25 juin 2026).

Le report à 2028 ? Enterré.

Vous avez peut-être lu qu'un report à 2027-2028 avait été voté. C'est exact… et obsolète. Un amendement en ce sens a bien été adopté en commission en mars 2025, mais il a été supprimé en séance publique le 11 avril 2025. La loi de simplification finalement promulguée en mai 2026 ne contient aucune disposition sur la facturation électronique. Aucun nouveau report n'est envisageable : les dates de septembre 2026 et septembre 2027 sont fermes.

PPF abandonné, plateformes agréées obligatoires

C'est l'un des changements majeurs de la réforme, et beaucoup de contenus en ligne ne sont pas à jour sur ce point.

Le Portail public de facturation (PPF) devait initialement permettre à toutes les entreprises d'émettre et de recevoir gratuitement leurs factures électroniques. Par communiqué du 15 octobre 2024, le ministère chargé du Budget a acté l'abandon de ce rôle. Le PPF conserve deux fonctions résiduelles :

  • l'annuaire central des destinataires de factures électroniques ;
  • le concentrateur de données (e-reporting) vers l'administration fiscale.

Conséquence directe : chaque entreprise doit désormais passer par une plateforme agréée (PA), immatriculée par l'administration fiscale. Ces plateformes étaient auparavant appelées « plateformes de dématérialisation partenaires » (PDP) ; la loi de finances 2026 a inscrit la dénomination « plateforme agréée » dans les textes.

Environ 150 plateformes agréées sont immatriculées à ce jour. La liste officielle est publiée sur impots.gouv.fr. Parmi elles, quatre proposent une offre durablement gratuite : Indy, Tiime, Abby et Shine — une piste utile pour les indépendants et les TPE. Pour le mode d'emploi complet (choix de la plateforme, annuaire, tests), lisez notre page recevoir ses factures électroniques.

Bon à savoir : si vous utilisez déjà un logiciel de facturation, de comptabilité ou un ERP, contactez son éditeur pour savoir s'il est lui-même immatriculé comme PA ou raccordé à l'une d'elles. Une simple mention « compatible réforme » ne suffit pas.

L'annuaire de la facturation électronique

Ouvert en consultation publique depuis le 18 septembre 2025, l'annuaire (géré par l'AIFE pour la DGFiP) permet de vérifier, par SIREN ou SIRET, si une entreprise est concernée et quelle plateforme elle a déclarée pour recevoir ses factures. L'inscription ne se fait pas en libre-service : c'est votre plateforme agréée qui vous y déclare, avec votre accord exprès.

Les formats : Factur-X, UBL et CII

Trois formats de facture sont conformes à la norme européenne EN 16931 :

  • Factur-X : le format de référence en France. C'est un format « mixte » : un PDF lisible par un humain (au standard PDF/A-3) qui embarque un fichier XML structuré lisible par les machines.
  • UBL (Universal Business Language) : un format purement XML.
  • CII (Cross Industry Invoice) : l'autre syntaxe XML reconnue.

Factur-X présente un avantage pratique : vous gardez un rendu visuel classique de la facture tout en transportant les données structurées. Ce fichier structuré fait partie intégrante de la facture au sens fiscal — il conditionne les règles de conservation détaillées dans notre page sur l'archivage des factures électroniques.

Les statuts du cycle de vie de la facture

Les plateformes agréées transmettent à l'administration des statuts de cycle de vie. Le dossier de spécifications externes de la DGFiP en définit 16 (codes 200 à 215), dont 4 obligatoires :

  1. Déposée (la facture a été déposée sur la plateforme) ;
  2. Refusée (le destinataire la refuse) ;
  3. Rejetée (elle est non conforme) ;
  4. Encaissée (obligatoire pour les prestations de services dont la TVA est exigible à l'encaissement).

Attention aux idées reçues : le chiffre de « 36 statuts » que l'on croise parfois n'a aucune existence officielle. C'est une agrégation marketing qui mélange statuts obligatoires, recommandés et codes d'échange techniques.

Sanctions : le régime actualisé de la loi de finances 2026

La loi n° 2026-103 du 19 février 2026 a significativement renforcé le régime de sanctions. Attention : de nombreuses pages citent encore les anciens montants (15 € par facture). Voici les montants en vigueur :

ManquementSanctionPlafond annuel
Facture émise non conforme (mauvais format, mentions manquantes…)50 € par facture15 000 € / an
Transmission e-reporting manquante ou non conforme500 € par transmission15 000 € / an et par catégorie
Absence de plateforme agréée pour la réception500 €, puis 1 000 € par trimestre après mises en demeureRenouvelable chaque trimestre

La sanction sur la réception est nouvelle : après une mise en demeure et un délai de trois mois, l'administration applique 500 €, puis 1 000 € par trimestre de persistance. En revanche, la doctrine de démarrage est tolérante : la DGFiP a annoncé qu'aucune sanction ne serait appliquée de manière immédiate ou automatique aux entreprises engagées dans une trajectoire sérieuse de mise en conformité. Le détail complet figure dans notre page sanctions et amendes de la facturation électronique.

Archivage : 10 ans, au format d'origine

Deux textes s'alignent désormais sur une durée de 10 ans : l'article L. 123-22 du code de commerce (à compter de la clôture de l'exercice) et l'article L. 102 B du livre des procédures fiscales, dont le délai est passé de 6 à 10 ans par la loi n° 2026-534 du 25 juin 2026 (applicable aux documents dont le délai de conservation expire après le 1er janvier 2027).

Trois règles à retenir pour vos factures électroniques :

  • Conservation sous forme électronique : les documents établis ou reçus sur support informatique doivent être conservés sous cette forme. Imprimer un Factur-X ne suffit pas.
  • Format d'origine : le fichier structuré (le XML du Factur-X, par exemple) fait partie de la facture au sens fiscal.
  • Authenticité, intégrité, lisibilité : ces trois garanties doivent être maintenues pendant toute la durée de conservation.

Point de vigilance : les plateformes agréées ne sont pas obligées d'archiver vos factures pour être immatriculées. La responsabilité de l'archivage vous incombe, à vous l'entreprise. Vérifiez ce que votre PA propose… et prévoyez votre propre organisation documentaire.

Les nouvelles mentions obligatoires sur vos factures

Quatre mentions s'ajoutent aux mentions classiques dès l'entrée en vigueur de l'obligation d'émission (2026 ou 2027 selon votre taille) :

  1. Le numéro SIREN du client ;
  2. L'adresse de livraison des biens, si elle diffère de l'adresse du client ;
  3. La nature des opérations : exclusivement des livraisons de biens, exclusivement des prestations de services, ou les deux ;
  4. La mention « Option pour le paiement de la taxe d'après les débits », si vous avez exercé cette option.

Conseil pratique : commencez dès maintenant à collecter les SIREN de vos clients. C'est indispensable pour émettre en 2027, et cela prend du temps sur une base clients volumineuse.

Ce qui change au quotidien : réception et organisation

On parle beaucoup de l'émission. Mais pour la plupart des TPE et PME, le changement le plus immédiat, c'est la réception. Dès le 1er septembre 2026, vos fournisseurs (d'abord les grandes entreprises et ETI) vont commencer à vous envoyer leurs factures via leur plateforme agréée, vers la vôtre.

Concrètement :

  • Vos factures fournisseurs arriveront désormais par plusieurs canaux : votre plateforme agréée, mais aussi, pendant la période de transition, l'e-mail, le courrier ou les portails clients habituels.
  • Vous devrez identifier votre entreprise dans l'annuaire : c'est votre PA qui s'en charge, avec votre accord.
  • Les statuts de cycle de vie (refusée, encaissée…) imposent un suivi plus rigoureux des factures reçues : vous devrez pouvoir signaler un refus, suivre un litige, confirmer un encaissement.
  • L'administration recommande de ne pas bloquer une facture arrivée par un autre canal : une facture reçue par mail, PDF ou papier pendant la phase de démarrage reste traitable, payable, et la TVA reste déductible si l'opération est réelle. Le guide pratique officiel de la DGFiP est formel : l'absence de passage par le circuit électronique ne prive pas automatiquement du droit à déduction.

En clair : la réforme ne supprime pas le besoin d'organiser vos factures reçues. Elle le renforce. Entre les flux de la PA, les e-mails et les pièces scannées, le risque n'est plus la perte de papier, mais l'éclatement des canaux.

Checklist : êtes-vous prêt pour le 1er septembre 2026 ?

  1. Cartographiez vos factures fournisseurs : combien en recevez-vous, par quels canaux, de quels types de fournisseurs ?
  2. Désignez une plateforme agréée sans attendre — directement, ou via votre logiciel de comptabilité, votre expert-comptable ou votre banque. Vérifiez qu'elle figure sur la liste officielle des plateformes agréées.
  3. Vérifiez votre logiciel : est-il immatriculé comme PA, ou raccordé à une PA ?
  4. Contrôlez votre présence dans l'annuaire : facturation.chorus-pro.gouv.fr/annuaire. Vérifiez que vos adresses de réception sont correctes.
  5. Testez une réception réelle avec un fournisseur pilote.
  6. Collectez les SIREN de vos clients (indispensable pour l'émission en 2027).
  7. Anticipez l'e-reporting si vous vendez à des particuliers ou à l'international (échéance 2027 pour les TPE/PME).
  8. Organisez l'archivage 10 ans de vos factures, y compris celles qui continueront d'arriver hors plateforme.
  9. Documentez votre trajectoire de conformité : c'est ce qui vous protège pendant la phase de démarrage.

Et après ? Organisez vos factures reçues

La plateforme agréée achemine vos factures ; elle ne gère pas votre organisation documentaire. C'est précisément là qu'intervient Clivio. Clivio ne remplace pas votre plateforme agréée : il organise tout ce qu'elle (et vos autres canaux) vous envoie. Vous centralisez vos factures — upload, transfert par e-mail vers votre adresse @inbox.clivio.app, import Gmail — et l'IA fait le reste : résumé automatique, détection du type de document, extraction des montants HT/TTC/TVA, des échéances et des fournisseurs, classement dans des dossiers intelligents, relances automatiques avant les échéances. Résultat : une facture se retrouve en quelques secondes, pendant 10 ans. Essayez Clivio gratuitement et découvrez aussi nos pages solutions : le classement automatique des factures et la centralisation des factures reçues par e-mail.

FAQ : vos questions sur la facturation électronique 2026

La facturation électronique est-elle obligatoire pour les auto-entrepreneurs ?

Oui. Les micro-entrepreneurs sont assujettis à la TVA (même en franchise en base) et donc concernés. Ils doivent pouvoir recevoir des factures électroniques dès le 1er septembre 2026 et les émettre au 1er septembre 2027. Quatre plateformes agréées proposent une offre durablement gratuite (Indy, Tiime, Abby, Shine).

Un PDF envoyé par e-mail est-il encore une facture valable ?

Pas pour le B2B domestique une fois l'obligation d'émission applicable. L'administration précise que la facture « papier scannée, PDF ordinaire, document envoyé par mail » ne sera plus conforme. Seuls les formats structurés Factur-X, UBL ou CII, transmis via une plateforme agréée, satisfont à l'obligation. Pendant la phase de démarrage, une facture reçue par PDF reste néanmoins traitable et la TVA déductible si l'opération est réelle.

Quelle est la date exacte d'entrée en vigueur ?

Le 1er septembre 2026 pour la réception (toutes entreprises) et l'émission (grandes entreprises et ETI) ; le 1er septembre 2027 pour l'émission par les PME, TPE et micro-entreprises. Un décret pourrait repousser chaque date au plus tard au 1er décembre de l'année concernée, mais cette faculté n'a pas été utilisée à ce jour.

Dois-je payer une plateforme agréée ?

Le passage par une plateforme agréée est obligatoire, mais pas nécessairement payant : quatre PA sont durablement gratuites (Indy, Tiime, Abby, Shine), et votre logiciel de comptabilité, votre expert-comptable ou votre banque proposent peut-être déjà un accès. Comparez les offres sur la liste officielle.

Le report à 2028 est-il encore possible ?

Non. L'amendement de report adopté en commission en mars 2025 a été supprimé en séance publique le 11 avril 2025, et la loi finale ne contient aucune disposition sur la facturation électronique. Les dates de 2026 et 2027 sont fermes.

Que risque mon entreprise si elle n'est pas prête ?

Trois sanctions principales : 50 € par facture émise non conforme (plafond 15 000 €/an), 500 € par transmission e-reporting manquante, et 500 € puis 1 000 € par trimestre si vous ne pouvez pas recevoir de factures électroniques après mises en demeure. La DGFiP a toutefois annoncé une application tolérante pendant la phase de démarrage pour les entreprises engagées dans une démarche sérieuse.

Qui archive mes factures électroniques pendant 10 ans ?

Vous. Les plateformes agréées ne sont pas tenues d'archiver vos factures. La responsabilité de la conservation (10 ans, au format d'origine, avec intégrité et lisibilité) incombe à chaque entreprise. D'où l'importance d'un classement documentaire fiable, que votre PA complète ou non.

Comment vérifier si un fournisseur ou un client est prêt ?

Consultez l'annuaire officiel de la facturation électronique (facturation.chorus-pro.gouv.fr/annuaire), ouvert en accès libre depuis le 18 septembre 2025. Vous y voyez, par SIREN, si l'entreprise a déclaré une plateforme agréée de réception.


Sources officielles :

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